1890
Naissance de Ramona Victoria Epifanía Rufina
Ocampo, le 7 avril. Fille de Manuel Ocampo, ingénieur
spécialiste dans la construction de ponts,
ayant tendance à la mélancolie,
et de Ramona Aguirre- surnommée «
La Morena » ("la brune"), en raison
de son visage créole- belle femme de l’époque,
et mère affectueuse. Issus tous les deux
de familles aisées de l’élite
aristocratique. Victoria fut la première
des six soeurs.
1891
Naissance d’Angélica Ocampo , la
soeur pour laquelle Victoria éprouvera
la plus grande tendresse : « Je ne concevais
pas les jeux, les cours, les promenades, les repas,
le sommeil, les rires, sans ma soeur ».
Inauguration de « Villa Ocampo » à
San Isidro,dont la construction fut achevée
un an auparavant ; actuellement, cette date est
inscrite sur la porte d’entrée .
Dans ces années là, la maison s’étalait
de l’avenue Libertador jusqu’au fleuve
(le "río de la Plata") .
1894
Naissance de Francisca ( Pancha ) Ocampo. Sur
la demande de leur tante Vitola, les filles reçoivent
une éducation très riche et stricte,
avec l’apprentissage du français,
de l’histoire, de la religion, de l’algèbre,
de l’anglais, et de la musique. Victoria
se montre réticente envers les mathématiques,
mais fait preuve d’un talent remarquable
pour la musique et la littérature.
1896
Premier voyage de toute la famille en Europe.
En tant que famille aristocratique, ils prennent
le bateau en amenant avec eux plusieurs domestiques,
deux vaches (pour avoir du lait frais tous les
jours), des caissons remplis de poulets et de
poules. Ils restent en Europe un peu plus d’un
an. Victoria écrit : « La France
est née pour moi au moment où j’ai
commencé à prendre conscience de
ma propre existence : l’alphabet avec lequel
j’ai appris à lire était français,
ainsi que la main qui m’a aidée à
tracer les premières lettres ». Elle
passe par Londres, et se souviens dans son autobiographie
: « Nous attendons le passage de la reine.
Je suis déjà fatiguée et
je m’ennuie. Enfin, arrive un carosse très
beau. À l’intérieur, une vieille
et grosse dame. Rien de plus. On appelle cela
le Jubilé ». Naissance de Rosa Ocampo
à Paris.
1897
Retour de la famille à Buenos Aires. Victoria
devient une lectrice vorace : au début
les contes de fées- « un des plus
grands plaisirs de la lecture, c’étaient
les larmes qu’elle nous arrachait »-
plus tard, Jules Verne, Conan Doyle, Maupassant
et Poe.
1898
Naissance de Clara Ocampo.
1901
Premiers écits de Victoria en français.
Elle lit Phèdre de Racine, et le récite
devant sa soeur et sa maîtresse. À
partir de cet épisode elle comprend que
le théâtre sera sa vocation frustrée.
Son père ne cesse de répéter
: « le jour où l’une de mes
filles monte sur une scène, je me tire
une balle et je me fais sauter la cervelle ».
1903
Naissance de Silvina Ocampo.
1906
Elle commence à entretenir une amitié
épistolaire avec Delfina Bunge, à
qui elle écrit de très longues lettres
tous les jours jusqu’en 1911, lui confiant
ses plus intimes préoccupations, et lui
suppliant : « Veux-tu être mon amie
? Veux-tu m’écouter ?Me trouves-tu
passable? (En français dans le texte).
Arrive à Buenos Aires la troupe de théâtre
française de Constant Coquelin avec la
comédienne Marguerite Moreno, que Victoria
commencera à admirer localement. D’après
elle, cette actrice « surmontait le talent
de Sarah Bernhart » largement. Elle convainc
ses parents de l’autoriser à prendre
des cours avec l’actrice en question, et
dès lors elle considère que sa vie
fut incomplète : « Renoncer à
cette vocation fut pour moi une déchirure
» et, ajoute-t-elle : « Je suis née
pour pour jouer des rôles...le far niente,
auquel je suis condamnée me tue ».
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