1907
Elle rencontre Bernardo de Estrada ( Monaco) issu
d’une famille aristocratique dogmatiquement
catholique et conservatrice. Elle tombe amoureuse
en même temps que les doutes sur le mariage
l’envahissent : « Peux- tu m’imaginer
enterrée sous le poids des préoccupations
domestiques ? », écrit-elle à
son amie Delfina.
1908
Elle voyage en Europe avec sa famille, et elle
y reste pendant deux ans. Fani, la servante qui
l’accompagnera toute sa vie, commence à
travailler dans la maison.
Victoria assiste à la Sorbonne, étudie
Dante, et suit les cours de Henri Bergson.
1909
Elle voyage en Angleterre et en Écosse
avec Angélica , son oncle et sa tante,
les Urquiza. : « L´Écosse entière
habite en moi, avec ses cornemuses, ses tartans,
le lac Lomond Halyrood, Melrose et Walter Scott
». Début d’une relation d’amitié
avec Maurice Rostand (le fils d’Edmond).
1910
Portrait de Victoria réalisé par
Dagnan Bouveret ; Victoria tient dans sa main
un livre de Samain que Monaco lui avait offert
avant qu’elle parte en Europe.
1911
Elle rentre à Buenos Aires. Clara Ocampo
meurt de diabètes infantile
1912
Elle se marie avec Monaco Estrada. En décembre
ils réalisent leur voyage de noces en Europe.
Pendant la traversée Victoria lit une lettre
de Monaco adressée à Don Manuel
Ocampo, où son mari complice, lui assure
que tous les délires de Victoria pour devenir
comédienne disparaîtront dès
qu’elle sera en ceinte . Victoria dit :
« j’ai épousé un traître
».
1913
Elle assiste à Paris à la première
représentation du Sacre du Printemps de
Stravinsky, réalisée par les Ballets
Russes de Diaghilev. Elle rencontre Ricardo Güiraldes
et sa femme Adelina del Carril. Des années
plus tard Güiraldes écrit son roman
Xaimaca , dont le personnage principal féminin
est inspiré de Victoria. Trois jours avant
son anniversaire à Rome elle connaît
Juliàn Martinez, diplomate et cousin de
Monaco, défini par Mujica Lainez comme
« le plus bel homme de l’époque
». « Au moment où je l’aperçus
de loin, sa présence m’envahit…nous
nous sommes à peine salués lors
de cette soirée, parmi beaucoup de monde.
Mais je le regardais comme si je craignais de
ne plus jamais le revoir », écrit
Victoria..
1914
Elle retourne à Buenos Aires. Elle s’installe
avec son mari dans la maison de la rue Tucumàn,
mais chacun vit dans un étage différent,
et ils ne se réunissent que pendant les
soirées en société, pour
garder les apparences. Le prince Troubezkoy, reproduit
en une sculpture un portrait de Victoria. La sculpture
se trouve à Villa Ocampo. Victoria commence
à lire Gitanjali de Rabindranath Tagore,
dans la traduction de André Gide.
1916
José Ortega y Gasset
arrive à Buenos Aires et rencontre Victoria
: « Quand j’ai connu Ortega je fus
stupéfaite par son intelligence effervescente
que je buvais avec parcimonie, pour sentir le
pétillement d’eau minéral
qu’il me produisait ». Ortega de son
côté fut ébloui face à
cette « Giocconde des Pampas ».
1920
Elle publia son premier article dans le journal
la Nacion de Buenos Aires intitulée «
Babel », où elle traite des inégalités
entre les êtres humains. Séparée
définitivement de Monaco Estrada elle vit
toute seule dans un appartement de la rue Montevideo
et commence une relation avec Juliàn Martinez
qui va durer treize ans. « Un mariage secret
mais réel » pour reprendre les mots
de l’écrivaine M.E Vàzquez.
1921
Encouragée par Juliàn Martinez elle
écrit « De Francesca à Béatrice
», travail publié par Ortega y Gasset
en 1924 dans la Revista de Occidente.
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