1924
Rabindranath Tagore arrive à Buenos Aires. Il loge à Miralrio, maison de campagne de Victoria à proximité de Villa Ocampo, où elle emménage pour être plus près du poète. Victoria prend soin de lui inlassablement. Elle commande chez Paquin, le couturier à la mode, deux tuniques et envisage même de lui acheter une villa en Italie, pour le repos du maître .
Ernest Ansermet arrive pendant l’hiver pour diriger un concert de Debussy. Victoria s’intéresse à lui et réussit à le faire rester pendant trois saisons dans la ville

1925
Tagore quitte Buenos Aires. Victoria participe en tant que comédienne à la première représentation du Roi David de Arthur Honegger.

1929
Elle inaugura la maison de la rue Rufino de Elizalde située dans le quartier de Palermo, construite par Alejandro Bustillo. Victoria écrit « l’architecture moderne me semblait être un des signes les plus révélateurs de notre époque ». Les voisins la critiquaient et craignant qu’elle rompe avec la beauté du quartier. Victoria voyagea à Paris pour rencontrer Keyserling qui se montre mal aimable et fait preuve d’une pédanterie désagréable. A Paris elle rencontre aussi Pierre Drieu La Rochelle qui lui dit « tu es la plus belle vache de la pampa ». Première lecture de A room of one’s own de Virginia Woolf. Victoria retourne à Buenos Aires pour préparer les conférences de Keyserling. Ce dernier, vexé écrirait plus tard dans son livre Méditations sud-américaines : « ma pérégrination en Amérique du Sud fut pour moi une descente dans le monde souterrain ». Victoria connaît Eduardo Mallea et Waldo Frank qui insistent à plusieurs reprises sur l’idée de fonder une revue.

1930
Manuel Ocampo meurt le 18 janvier. Victoria va à Paris où elle organise une exposition des œuvres plastiques de Tagore. Elle rencontre Jean Cocteau, Jacques Lacan, Ramon Gomez de la Serna, Leo Ferrero, Le Corbusier parmi d’autres personnalités. Elle voyage aux Etats Unis et en Amérique Latine. Elle rencontre le cinéaste Eisenstein. Elle retourne à Buenos Aires.

1931
Fondation de la revue Sur . Le nom est suggéré par Ortega y Gasset lors d’une conversation téléphonique. Bioy Casares dira : « Sur constitua un défi pour elle, tout comme si elle se frayait un chemin dans la jungle ». Dans cette revue écriront plusieurs des écrivains les plus importants du siècle : André Gide, Thomas Mann, Eliot, Malraux, Henry Miller, Octavio Paz, Borges. Elle voyage en Espagne et visite les prisons espagnoles.

1933
Elle fonde la maison d’édition Sur pour diffuser la meilleure littérature de l’époque tout en essayant de financer la revue. Le premier livre publié fut le Romancero Gitano de Federico Garcia Lorca. Ensuite seront publiés des textes de Mallea, Onetti, Alfonso Reyes, Horacio Quiroga, Bioy Casares, Huxley, Jung, Virginia Woolf, Nabokov, Sartre, Kerouac, Camus. Cortazar dira : « Sur, nous aida beaucoup, nous les étudiants qui dans les années trente et quarante essayions de trouver notre chemin… ». Octavio Paz écrit : « Victoria représente plus que çela. Elle est la fondatrice d’un espace spirituel. Parce que Sur n’est pas seulement une revue ou une institution : c’est une tradition de l’esprit ». Monaco meurt.

1934
Elle voyage en Europe avec Eduardo Mallea. Mussolini la reçoit dans le Palazzo Vanezia. Victoria est impressionnée par son regard « attirant comme la flamme d’une cheminée dans une chambre ». Elle connaît Virginia Woolf à Londres, qui plus tard affirmerait avoir connu « l’opulente beauté de la millionnaire de Buenos Aires ». Victoria nourrissant l’imagination luxuriante de l’écrivaine anglaise sur Buenos Aires, lui offre une boîte en verre avec des papillons. Victoria joue dans Perséphone de Stravinsky au théâtre Colon, expérience qu’elle renouvellera à Rio de Janeiro. « Perséphone constitue le souvenir le plus douloureusement heureux de ma vie. Je dis Douloureusement parce que j’aurais aimé continuer à faire ce genre de choses : ce que j’ai fait de mieux dans ma vie », avoua-t-elle lors d’un interview.


 

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