“Même l’odeur de l’air qu’on respire là-bas —écrivit Victoria Ocampo, se réferant à Villa Ocampo— est mêlé à toute ma vie comme s’il était mêlé aussi à la vie de mes prédecesseurs ». Villa Ocampo fut, non seulement l’enclave des plus prestigieuses figures de la littérature et de la culture mondiale, mais aussi le dernier refuge de la vie de Victoria Ocampo. Une imposante maison liée à l’architecture écléctique de la fin du XIX ème siècle, diffusée à travers le style pittoresquiste anglais, que conjuga plusieurs sous styles (le franco-victorien par exemple). Située à Béccar, San Isidro, Villa Ocampo est aujourd’hui l’un des rares exemples existant encore des grandes maisons de campagne de la fin du XIX ème siècle. Entourée d’un jardin romantique qui dialogue vivement avec l’architecture, la maison donne sur les ravins de la côte Nord du Río de la Plata. Villa Ocampo fut construite en 1891 par le père de Victoria, Manuel Ocampo, un ingénieur de ponts et chaussées.

Sur les ravins de San Isidro la maison aux murs extérieurs peints en ocre rougeâtre, comme les palais romains, s’étale sur quatre étages de 450 m2 chacun. L’entrée principale, dont les mansardes à l’ardoise se font remarquer timidement entre les arbres, se réalise à travers un porche qui conduit vers un hall central, en passant par un vestibule avec des escaliers en marbre. Sur ce hall, plafonné d’un splendide vitrail, donnent les chambres principales orientées vers le fleuve. Sur la gallerie, une terrasse avec une balustrade, occupe tout l’espace, et offre une majestueuse vue sur le parc. La Villa Ocampo n’a pas de chauffage central car elle fut conçue pour que la famille s’y rende seulement pendant l’été. Lorsque Victoria hérita la maison, elle entreprit sa rénovation, avec une touche cocasse et moderniste: elle fit blanchir les murs pour les rendre lumineux, mais conserva intact l’extérieur. C’était une recherche de simplicité pour le bâtiment. Victoria fit don de Villa Ocampo à l’UNESCO en 1973, six ans avant sa mort. La maison a été classée Monument Historique National en 1997.